On me demande souvent quel est mon parcours scolaire. Je réponds :

J’ai fait le tour du monde avec mes pieds et les livres.

Paul Léautaud disait :

Les professeurs sont faits pour les gens qui n’apprendraient rien tout seuls. Le savoir qui compte est celui qu’on se donne soi-même, par curiosité naturelle, passion de savoir.

Au travers de cet article je vais essayer de relater mon expérience de façon objective.
Je ne cherche ni à faire mon propre storytelling ni à vous montrer qu’il existe un schéma mieux qu’un autre. Je souhaite vous faire part d’une réflexion sur un modèle d’apprentissage différent, non reconnu et pourtant performant.

A l’école, à la fac je ne comprenais pas ces méthodes, ces façons de nous imposer des connaissances, un schéma. Il m’a fallu du temps pour me détacher et comprendre que l’on pouvait apprendre autrement , que ne pas faire comme les autres n’est pas une fatalité. Mais il n’est pas toujours simple de se détacher du poids, du conditionnement transmis par les parents, la société.

Un jour, j’ai compris qu’ingurgiter des connaissances par moi-même était le schéma qui me correspondait le mieux. J’ai appris tout au long de mes voyages, en me posant des questions et en cherchant les réponses sur internet, dans les livres. J’ai retenu beaucoup plus de choses en apprenant par l’exemple sur le terrain que dans mes cours. Il faut dire qu’en cours j’avais toujours un livre sous la table :-) .

J’ai surtout appris ce qui me paraissait important et ce qui m’intéressait. Pour faire du marketing et du référencement je n’avais pas vraiment besoin d’être un as en chimie. A l’inverse je voulais grimper des montagnes, à l’école je ne pouvais pas vraiment non plus.

Un jour j’entendais de la bouche d’une amie :

Tu as la chance de pouvoir apprendre tout, tout seul.

Je lui répondais :

Je le fais car je ne sais pas faire autrement et que je n’ai pas envie de faire autrement. L’essentiel est de trouver le schéma qui nous convient.

Mais ce n’est par parce que ce schéma me convient qu’il doit convenir aux autres. Je souhaite juste expliquer que l’on peut faire autrement et y arriver tout aussi bien. Qu’il n’existe pas un schéma figé, pourtant dans l’inconscient collectif ce n’est pas quelque chose d’acquis.

L’apprentissage ça dure toute la vie

Mon apprentissage ne s’arrête jamais. J’estime qu’il n’y a aucune limite dans l’apprentissage et qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre. Je fais opposition à toutes ces personnes qui pensent que l’apprentissage n’est qu’une question d’école.

On me répète très souvent qu’il est facile d’apprendre car je suis jeune. Je réponds qu’il est beaucoup plus facile de s’abrutir devant la télé à 15 ans comme à 99 ans ! J’ai autour de moi des gens qui ont repris le chemin de l’apprentissage très tard, parfois même à 55 ans.

Je ne limite pas mes connaissances à mon métier. Bien évidemment, je dois avoir des connaissances très approfondies dans mon métier. Mais je ne souhaite pas m’enfermer dans un schéma de connaissances qui touche seulement mon domaine de compétences. Dans mon domaine, le marketing et le référencement je pourrai me contenter d’avoir des connaissances techniques sur ces seuls sujets. Mais la psychologie, les neurosciences, la philosophie, la socio, la neurobiologie peuvent apporter beaucoup, alors pourquoi s’en priver. Sans compter tous les domaines passionnant, apprendre est un véritable plaisir, il suffit d’y être sensibiliser pour en être convaincu.

Contrairement à beaucoup, je pense que l’on peut apprendre bien au delà de son métier. Face à ce propos on m’explique très souvent que ce n’est pas possible car on ne peut pas tout faire sinon c’est qu’on le fait mal. Je répondrai que je pense que beaucoup préfèrent se contenter du savoir qu’ils ont reçu durant leurs études et de s’en tenir à ça. Bien sur que l’on ne deviendra pas un expert dans tout les domaines, mais apprendre ne s’arrête pas aux portes de l’école. Je suis conscient qu’un métier demande aussi de l’expérience et donc du temps. Mais on est pas obligé pour autant de se limiter à une seule chose.

Je le vois très souvent en entreprise. Beaucoup ont laissé leur apprentissage à la sortie de l’école. A 60 ans, on se retrouve avec ce que j’appelle « des boulets » d’entreprise» au sens premier du terme. Des personnes qui n’ont pas évolué depuis et qui raisonnent avec des connaissances d’il y a 40 ans. Ils deviennent un vrai poids pour une société qui restera ancrée sur ses positions alors que le marché évolue. Et oui le monde bouge !

En tant qu’autodidacte le plus difficile est d’accepter que les méthodes d’apprentissage ne sont pas les méthodes utilisées par tout le monde. Cela peut être déroutant au départ car on ne fait rien comme tout le monde on manque donc de repères. On se demande toujours si on part dans la bonne direction.

A force de se demander si on part dans la bonne direction , ne finit on pas par trouver la bonne ?

Apprendre grâce aux livres

J’ai tout appris grâce aux livres et au partage sur internet. Nous avons la chance d’avoir accès à une connaissance quasi infinie grâce aux livres. Il serait dommage de s’en priver. Pour retenir un maximum d’informations sur tout ce que je lis, je fais des « gribouillages », des annotations, enfin tout ce qui me passe par la tête sur mes livres. Mes bouquins ressemblent à des stabilo géants.

J’évite de lire de façon passive, comme si je lisais un roman, sinon en 3 jours j’oublie tout. Dans la mesure du possible, j’essaie de mettre en application mes connaissances acquises dès que possible afin de ne pas les oublier. Cela me demande, une organisation que j’ai peaufinée avec l’expérience. Tout au long de mes lectures j’essaie de faire le tri de l’information afin de ne retenir que l’essentiel. Sachant que mon cerveau à une capacité limitée, j’essaie de lui faciliter la tâche, car malheureusement je me rends bien compte qu’il n’est pas capable de tout retenir.

Une bonne hygiène de vie, un peu d’organisation et c’est parti !

Lorsque vous n’avez personne pour vous dire quoi apprendre et comment apprendre vous devez vous autodiscipliner en permanence. Pour ne jamais m’arrêter de lire, j’ai des bouquins qui trainent un peu partout chez moi. Cela me permet de toujours avoir un livre sous la main. J’utilise donc tous les temps morts dans une journée pour en profiter pour lire.

J’ai bien évidemment pas de télé, et j’évite de me perdre dans la surinformation inutile. Pour tout ce qui est de l’information je prends le strict minimum afin de ne pas perdre du temps avec de l’info inutile, redondante et chronophage.

La rigueur de vie passe également dans la remise en question constante de ses connaissances. Le revers de la médaille c’est que j’ai eu tendance à vouloir tout lire, au point où il m’arrivait de lire des livres pour débutants sur des sujets que j’étudiais depuis plusieurs années. Avec l’expérience je ne fais plus ces erreurs.

Jérôme, nous fait pas croire que tu n’es jamais allé à l’école

A l’école le prof me sortait son cours, je n’avais qu’à l’ingurgiter et à le ressortir le moment venu. Là c’est un peu plus compliqué, il faut toujours s’assurer que les connaissances acquises sont les bonnes. Vous me direz qu’un prof ne vous transmet pas forcément les bonnes connaissances non plus. C’est vrai, mais bonnes ou mauvaises à l’interrogation c’est celles la que vous ressortiez.

Vous êtes dans un système scolaire approuvé par la majorité. A 17 ans si tout le monde vous dit que le prof a raison et que c’est comme ça depuis des décennies, même si vous avez des doutes vous aurez tendance à y croire un peu.

Je pense que j’ai appris beaucoup plus vite seul qu’à l’école. Dans un groupe il y a une inertie qui n’existe pas quand on est seul. Vous me direz qu’il y a aussi une émulsion dans un groupe. L’émulsion et la motivation je la trouve dans les connaissances et les défis que je me lance chaque jour. L’inertie d’un groupe ne permet pas à chacun d’aller à son rythme. Vous risquez de passer trop de temps sur un sujet que vous connaissez déjà ou à l’inverse pas assez sur un sujet mal maitrisé. Vous ne pouvez pas vous concentrer seulement sur l’essentiel.

Seul vous apprendrez à vous orienter vers les sujets les plus importants. Mais surtout sur les sujets qui vous passionnent le plus. Lorsque l’on étudie un sujet qui nous passionne il n’est pas compliqué d’y passer du temps car on aime ça.

Nous n’apprenons pas tous de la même façon, en tant qu’autodidacte j’ai eu le choix d’utiliser mes propres méthodes d’apprentissage, celles qui me conviennent le mieux. Je ne pouvais pas vraiment faire ça à l’école.

Mais un autodidacte n’a pas de diplome ?

Dans mon milieu professionnel, je n’ai rarement été confronté à la bêtise des personnes pensant qu’un diplôme était signe de compétences et d’intelligence.

Dès le départ je savais que je risquais d’être confronté aux bons vieux préjugés à la française. J’ai donc préparé le terrain avant que l’on puisse m’attaquer sur ce sujet. Contrairement à ce que beaucoup pense, je reste persuadé que sans diplôme on trouve tout aussi bien du travail. C’est la façon de chercher qui sera différente.

Lorsque vous êtes autodidacte vous évoluez tout simplement dans un autre monde. Vous vous débrouillez pour rencontrer les bonnes personnes, les entreprises qui ont la même vision du monde que vous. Ainsi vous n’aurez jamais besoin de montrer votre C.V parce que vous aurez rapidement mis en place des éléments visibles qui vous permettent de montrer que vous avez une expérience, des compétences, des idées, des valeurs. Cette situation idéale, n’arrivera pas tout le temps, dans ce cas je me débrouille toujours pour faire mes preuves avant d’avoir besoin de me justifier sur mon diplôme ou mon expérience.

Il est vrai qu’au début j’ai accepté de travailler sur des projets qui ne m’intéressaient peu afin de me faire rapidement une expérience. Lorsque l’on n’a pas de diplôme il faut savoir se mettre en avant par d’autres moyens. Sans diplôme j’ai tout simplement appris à me faire remarquer autrement. J’avoue que plus jeune, à l’école, je savais déjà me faire remarquer :-) .

Ceci ne reflète que mon expérience, je ne fais aucune généralité. Et ce n’est pas pour cela que je pense que l’école est totalement inutile, loin de là. Disons qu’il existe d’autres façons de faire pour ceux qui ne sont pas adaptés au système scolaire. L’école est un schéma qui correspond à la majorité, mais ce n’est pas pour autant que nous devons tous prendre le même chemin. L’essentiel est de trouver la voix qui permet de faire ressortir ses points forts.

Et vous en tant qu’autodidacte ou diplômé quelle est votre retour d’expérience ? Quelles ont été vos difficultés en tant qu’autodidacte ? Pensez vous que votre diplôme est un passage obligatoire pour faire carrière ?