Un petit magasin sans fenêtres pour aller bronzer sous les néons. Et vous, que faites vous samedi prochain ?

Veuillez m’excuser de cette grossièreté, mais la nature reprend ses droits. Mon côté révolté ne peut s’empêcher de ressurgir. Un billet d’humeur pour essayer d’expliquer les conséquences de notre consommation tant sur la planète, sur les humains que sur notre façon de croire au bonheur.

Ce billet n’est pas très positif ce n’est pas pour autant qu’il faut tout voir en noir. La consommation n’a pas que des défauts. J’essaie plutôt de montrer dans cet article que la consommation à outrance à des conséquences non négligeables. Que l’acte d’achat n’est pas si anodin, si on regarde tout ce qu’il se passe derrière.

Tout au long de cet article je donnerai quelques exemples pas forcément très détaillés. Mon article est déjà suffisamment long, mais sachez que l’on pourrait citer des milliers d’exemples.

En consommant nous polluons

Produire, fabriquer, transformer demande des matières premières et de l’énergie. Il va de soi qu’utiliser des matières premières n’est pas sans conséquences pour la planète. Idem pour la production d’énergie (charbon, bois, pétrole, nucléaire). Que ce soit du côté du charbon, de l’éolienne, du nucléaire, produire de l’électricité laisse une trace, une grosse trace sur notre planète.

Les énergies dites vertes c’est bien. Mais une éolienne il faut la construire c’est aussi une pollution. Je vous passe les problèmes de migration des oiseaux.

Pour le nucléaire, on se demande comment se débarrasser des déchets radioactifs. Il ne faut pas oublier, également, la pollution des rivières. Pour refroidir les réacteurs d’une centrale, on utilise l’eau de la rivière. Cette eau est rejetée directement dans la rivière. Entre temps celle-ci a vu sa température augmenter. La température des rivières augmente donc. Un problème pour la faune et la flore environnante.

Des matières premières

L’une des industries les plus polluantes est l’agriculture. L’agriculture consomme beaucoup d’eau, d’engrais, pesticides, fongicides qui sont une pollution mais aussi un danger sanitaire.
Prenons un exemple bien connu qui est l’huile de palme.

Greenpeace avait dénoncé Nestlé pour l’utilisation d’huile de palme dans ses produits. Ils ont tourné en dérision une pub KitKat pour dénoncer les ravages fait sur la forêt indonésienne.

Nous sommes tous responsables de cette déforestation, nous mangeons tous des gâteaux.

Le pétrôle

On crie au scandale car les américains veulent exploiter les fonds du Groenland pour faire des forages. Que ce soit au Nord de la Russie ou au Groenland, il nous parait inacceptable que l’on aille toucher à l’emblème de l’écologie qui est la région polaire arctique. Le pétrôle est source de pollution et de conflits un peu partout dans le monde.

Dernièrement, on peut citer le conflit entre la Turquie et la Grèce pour l’exploitation pétrolière sur l’île de Chypre et la mer Méditerranée.

Mais où va le pétrole ? Dans nos voitures, nos stylos, nos ordinateurs…enfin partout.

Et le vert dans tout ça ?

Les heureux possesseurs d’une voiture au bio éthanol ne font que se donner bonne conscience. Quand on sait que ce carburant est un drame écologique.

Il est en partie responsable :

  • de l’augmentation de la déforestation
  • d’une pénurie d’eau due à l’irrigation
  • de la pollution des sols cultivés de façon intensive
  • d’un appauvrissement des populations locales dû à la spéculation sur les matières premières

Le coton

On vous vend de beaux t-shirts 100% coton naturel. Mais le coton est une matière qui demande énormément d’eau, d’engrais, de pesticide. Le coton est très polluant contrairement à ce que l’on pourrait croire.

Cela à beau être naturel ce n’est pas pour autant non polluant. Un des très gros exportateurs de coton dans le monde est la Côte d’Ivoire. Le coton ne pousse pas naturellement là bas. Il a été amené à l’époque de la colonisation, et très exploité par la suite car très rentable.

Les voitures électriques

On achète une voiture électrique pensant moins polluer. Les batteries fonctionnent au lithium. Matériau polluant dont les filières de recyclage commencent tout juste à pointer le bout de leur nez. La construction de la voiture demandera également des matériaux et de l’énergie.

Sans compter qu’il faut utiliser de l’énergie pour recharger la voiture. Cette énergie n’est pas forcément propre (charbon, gaz, pétrole). Donc oui une voiture électrique n’émet pas de CO2 mais ce n’est pas pour autant qu’elle ne pollue pas.
Voici un article qui détaille le pour et le contre de la voiture électrique.

Ah les chinois quelle bande de pollueurs !

Oui les chinois polluent. Oui les chinois n’utilisent pas les industries les moins polluantes !

Mais pour qui les chinois polluent ?

Il ne faut pas oublier qu’une grande partie de la production chinoise arrive dans nos pays.

Les tests sur les animaux

Beaucoup de produits sont testés sur les animaux avant d’être mis sur le marché. Les grandes marques des cosmétiques sont mises en cause pour la pratique de ce genre de tests.

Beaucoup de grandes sociétés affirment ne pratiquer aucun test sur les animaux. Ce ne sont pas eux directement qui font des tests mais leurs sous-traitants. Voici un petit article qui explique les différents tests effectués sur les animaux en laboratoire.

Yves Rocher, L’oréal sont des marques qui ont été largement critiquées pour avoir effectué des tests sur les animaux. Dans un ordre d’idée voici une petite vidéo sur le grennwashing d’Yves Rocher.

Traitement des animaux

Nous mangeons de plus en plus de viande. L’industrie veut nous faire croire que la viande est indispensable. La prévention alimentaire et le lobbying c’est encore un autre sujet. Pour ceux que ça intéresse je conseille le Livre de Thierry Souccar sur le sujet Santé mensonges et propagande.

Pour élever toujours plus, il faut de la place. Quand on n’a pas de place il suffit de mettre les animaux les uns sur les autres. Pour pouvoir produire de plus en plus de viande, l’élevage industriel intensif est devenu le principal type d’élevage. Or ce type d’élevage est tout simplement cruel.

SI vous pensiez que votre poulet gambadait dans une petite prairie avant d’arriver dans votre assiette, c’est raté !

Voici un reportage sur les conditions d’élevage et les risques sanitaires de cette pratique, un reportage Arte bien réalisé.

Pour ceux qui veulent des images trash, voici une vidéo des conditions d’élevage des porcs aux USA réalisée par l’association Mercy For Animals.

Les conséquences sur les humains

La grande partie de nos produits de consommation sont fabriqués dans des pays du Tiers Monde. Mis à part les problèmes de pollution, il se pose la question de l’exploitation des humains.

Quand vous achetez un jean chez Zara ce sont des enfants que l’on fait travailler au Brésil.
Zara n’est pas la seule entreprise incriminée dans ce genre d’histoires. On peut également citer Apple, Victoria’s Secret, Nokia, Samsung, Nike, H&M…

Un reportage réalisé par France 2 est sorti dernièrement sur les conditions de travail de la société Inditex sur les conditions de travail en Inde.

Pour en savoir plus sur le travail des enfants dans le monde voici un article d’amnesty international et un autre publié par l’organisation internationale du travail.

Il faut également prendre en compte que l’on appauvrit des populations pour pouvoir exploiter des ressources naturelles un peu partout dans le monde. Lorsque l’on exploite une grande partie de la production comme celle des fruits et légumes on fait augmenter le prix sur les marchés locaux.

Les productions locales disparaissent au profit des grosses productions destinées à l’export. Des populations locales se retrouvent expulsées pour que des producteurs exploitent des terres au profit de l’export.

Consommer : une illusion du bonheur

Pour vendre le marketing utilise des formulations ou tout va plus vite, plus haut, plus rapidement. Quand vous achetez une crème anti ride ce n’est pas pour rajeunir dans 10 ans.

Quand vous faites un régime, ce n’est pas pour maigrir dans 6 mois. De plus en plus nous voulons tout, tout de suite. Cela nous rend de plus en plus dépendant de nos désirs qu’il faut combler. Toujours plus de désirs, toujours plus vite.

J’en ai déjà parlé, mais l’acte d’achat est anxiogène. Quand on achète un article, on se demande toujours si c’est le bon. Est-ce que je l’ai acheté au meilleur prix. On ne veut pas passer pour un « has been » à acheter un produit démodé ou encore expliqué qu’on s’est fait arnaquer car dans le magasin à côté il était moins cher.

Lorsque l’on achète un produit on se demande toujours ce que l’on gagnera ou ce que l’on perdra. Ah oui mais si je prends cet ordinateur je n’aurai plus ça. Prends celui-ci alors. Oui mais dans ce cas je n’aurai plus ça.

L’acte d’achat à un côté également frustrant. Quand on achète un produit on se rendez compte qu’il ne correspond pas toujours au rêve que que l’on s’en fait. Georges Chétochine appelle ça l’effet d’atterrissage. Une fois la magie de l’achat retombé, il faut continuer à acheter pour faire revenir cette magie. Un engrenage interminable.

Si on lit quelques psychologues on se rend compte que la consommation ne peut pas nous apporter le même bonheur que le fait de partager, de grandir humainement, d’apporter sa pierre à l’édifice. Pour faire simple, le psychologue Mihaly disait que l’expérience du bonheur est totalement extrinsèque à notre condition matérielle à partir du moment où l’on dépasse le stade de la survie.

Si le bonheur dépendait de nos biens matériels, les suédois seraient plus heureux que les Français eux-mêmes plus heureux que les africains !

Combien de gens veulent gagner au Loto, s’acheter ci ou ça pensant que leurs problèmes disparaitront. Malheureusement on ne règle aucun de ses problèmes en gagnant au Loto. On pense à tort que quelques chose de l’extérieur résoudra nos problèmes par magie. Nous vivons avec l’illusion que la possession matérielle satisfera le besoin.

Ce n’est qu’une vague illusion. Pensez vous que sur votre lit de mort, lorsque vous direz au revoir à votre famille vous serez fier des 12 jeans acheté chez H&M?

La consommation est tellement entrée dans les mœurs qu’elle devient une habitude. Les gens consomment au point de ne même plus s’en rendre compte. La consommation n’est même plus une vaste illusion de « paillettes », elle devient carrément un automatisme.

Cet article m’amène à me poser la question :

Comment peut-on être fier de sortir d’un magasin avec plein de sacs de shopping ?

Cette question tranchée n’est pas anodine. D’un côté il est normal d’avoir ce sentiment de fierté. Nous avons tous besoin d’appartenir à un groupe. A notre époque cette appartenance se fait par l’adhésion à un groupe social et donc indirectement la consommation.

Mais d’un autre côté si on regarde ce qu’il se passe derrière les portes des magasins, on a pas de quoi être fier. Car en consommant c’est tout un système que l’on engraisse.

Mais n’oublions pas de rester positif

Cet article peut paraitre sombre, il l’est. Mais il ne faut pas non plus tout voir en noir. Il n’y a pas que des mauvaises choses dans cette société de consommation. D’ailleurs je ne condamne pas la société de consommation mais l’hyperconsommation.

Je ne dis pas qu’il faut arrêter de consommer, mais plutôt d’essayer de comprendre comment nous consommons pour essayer de consommer de façon plus raisonnée.

Plutôt que de chercher comment faire pour polluer moins, pourquoi ne pas commencer à réfléchir à comment consommer moins ? On règlerait un partie des problèmes de pollution non ?

La preuve moi aussi je consomme en achetant les photos minimalistes de Michel Rajkovic…un artiste que j’apprécie tout particulièrement…