Un marché saturé par le choix

La qualité des produits à atteint un bon niveau de maturation dans beaucoup de domaines.
Même dans les domaines où la technologie continue d’avancer, les produits sont tellement performants que pour la plupart des usages, on pourrait se contenter de bien moins. C’est le cas avec l’informatique, où la puissance des ordinateurs est telle qu’un ordinateur d’il y a 4 ou 5 ans  suffit amplement pour bon nombre d’entre nous. La plupart des produits vous donneront satisfaction en termes de fonctionnalité et de rapport qualité/prix.

Aujourd’hui une entreprise ne peut plus communiquer sur ces simples arguments. Il y a 80 ans, Ford a pu faire fortune avec sa Ford T, car il n’existait aucune concurrence. Aujourd’hui difficile de sortir un produit sur un marché ou la concurrence n’existe pas. Le consommateur est assailli de messages publicitaires chaque jour. Des centaines, des milliers de messages par jour. De combien se souviendra t-il ? N’ayant qu’une capacité d’attention limitée, le consommateur se souviendra que des produits les plus remarquables.

Les étapes du choix

Face à la multitude de produits, le consommateur se retrouve à devoir systématiquement faire des choix. Avant l’achat d’un produit, le consommateur sait ce qu’il a mais ne sait pas ce qu’il aura. J’entendais de la part d’un ami :

Ma Livebox me convient, je n’ai pas tous les services que je souhaite, mais au moins ca fonctionne. En changeant d’opérateur, je ne sais pas ce qui m’attend.

Il préfère donc rester avec un service qui ne lui convient pas entièrement plutôt que d’affronter une situation qu’il ne maîtrise pas.

Lors de l’achat d’un produit nous sommes confrontés à faire des choix, en fonction des différents produits. Dans cette situation nous nous demandons quel sera le meilleur produit. Chaque produit aura un lot d’avantages et d’inconvénients, en choisissant le produit A vous vous demanderez à côté de quoi vous passerez en ne choisissant pas le produit B.

Pour se sentir en sécurité, le consommateur pourra s’orienter vers un produit avec une image de marque qu’il lui convient. Ex : un produit fabriqué en France pensant que celui-ci sera plus robuste qu’un produit fabriqué en chine.

Après l’achat de votre produit, vous risquez de trouver mieux ailleurs. Pour vous convaincre de votre choix, vous devrez vous raconter une histoire, un mensonge afin de ne pas vous avouer que votre choix n’était pas le meilleur. Il est difficile pour l’être humain de reconnaître ses erreurs, il préfèrera passer par la mauvaise foi.

Avant un achat, pour se convaincre d’acheter nous nous faisons une fausse représentation des produits. Nous imaginons souvent trouver le bonheur dans l’achat et nous nous représentons l’achat tel une magie qui participera à notre bonheur. Cette représentation amènera à une frustration car après l’euphorie de l’achat nous nous apercevons que celui-ci ne nous apporte pas autant que ce que l’on pouvait imaginer. D’après Georges Chétochine cela est appelé « l’effet d’atterrissage ».

Pensées personnelles

Notre société de consommation, nous donne chaque jour de nouveaux choix, de plus en plus de choix. Ces choix créent de nouveaux désirs, qui alimentent notre soif de consommation.

Comme nous l’avons déjà vu, avoir le choix est un facteur d’inquiétude avant l’achat et un sentiment de frustration après l’achat. L’inquiétude de faire toujours le bon choix, face à une armée de produits et d’être sur que le produit acheté correspond à notre vision du monde et de celle de notre milieu social. Nous ne voulons pas entendre de notre entourage que nous sommes « has been » ou habillé de façon ringarde.  Pour  cela nous avons besoin de faire constamment le meilleur choix, et de le renouveler. A chaque fois que je me retrouve face à une personne qui a acheté un nouvel ordinateur, la première question est systématiquement la même :

Est ce que c’est bien ce que j’ai acheté ? »

La personne en face à besoin de se rassurer sur son achat, d’être sure qu’elle à fait le bon choix.

Avoir toujours plus de choix, créé de nouveaux désirs. Nous pensons à tort que ces désirs nous rendrons heureux. Ils créent des frustrations car dès que l’objet est acquis, la pulsion demeure et notre attention se porte sur un autre objet. Impossible de tout posséder, de tout consommer.

Platon compare les hommes qui cherchent à combler tous leurs désirs à des hommes condamnés à remplir un tonneau percé pour l’éternité.

Quelles que soit nos ressources, le temps manquera, il est donc chose impossible de vouloir courir après chacun de ses désirs. Malheureusement les technologies nous laissent croire que tout est à portée de mains.

Beaucoup de choses nous sont facilitées, mais a contrario cela nous nuit car nous ne prenons plus le temps de faire les choses. Ce temps dont nous avons besoin pour solliciter nos forces et nos talents. Ce temps qui nous permet d’oublier nos problèmes, le temps qui passe et notre stress. L’homme a naturellement besoin de dépenser de l’énergie. Nous sommes programmés pour marcher, courir, chasser, pêcher, défendre notre territoire.  L’homme a créé le sport afin de continuer à se dépenser comme il le faisait à l’état naturel. Durant une activité physique notre cerveau est occupé et nous sécrétons des hormones qui contribue au bien être de l’individu.

Avoir le choix est un grand paradoxe. D’un côté il profite aux consommateurs car les entreprises sont obligées d’innover et la concurrence permet de faire baisser les prix. D’un autre côté avoir trop de choix est une angoisse pour le consommateur.

Je concluerai cet article par cette citation suffisamment forte de sens pour qu’il n’avoir rien à y ajouter :

Ne me méprise pas tant ! Je ne suis pas pauvre. Le pauvre est plutôt celui qui désire beaucoup de choses. Léonard de Vinci